Blog
bienvenue sur le blog de Biocapi, trucs, astuces, expériences et bien plus ! Il se peut même que l'on y cause animaux, politique et société...
Tant de souvenirs se bousculent dans ma mémoire, bientôt 20 ans... ça se prépare un tel anniversaire ! Je vais donc rassembler au fil des semaines des souvenirs marquants, des anecdotes, des faits croustillants de Biocapi. Vous vous reconnaîtrez peut-être dans l'une de ces aventures, même si je prendrai soin de ne pas donner vos noms, sauf accord explicite.
Avant de commencer à envisager les préparatifs des festivités, je dois vous conter la genèse de Biocapi car ce que nous vivons cette année n'est pas anecdotique. Les amplitudes d'événements climatiques augmentent, leurs rythmes aussi, les crues qui étaient centennales surgissent désormais tous les 10-20 ans, de même pour les sécheresses, chutes de neiges. tempêtes diverses. L'humain est-il à l'origine de tout cela ? Je ne suis personne pour le dire. L'humain en revanche, à de grandes responsabilités sur les conséquences : bétonisation, imperméabilisation, monocultures, déboisement, canalisation, prélèvements, empoisonnements divers de l'air, l'eau, les sols via diverses pratiques obsolètes et pourtant encouragées par l'industrie pétrochimique notamment.
Je reviens donc à cette canicule qui nous a collé la culotte depuis le début de cet été 2026. Cette sécheresse qui a fait disparaître le Doubs sur des kilomètres, réduit la Menthue à un filet d'eau, séché les betteraves, privé le blé de ses protéines, tué des arbres (le visible est à venir à l'heure où j'écris ces mots). C'est ce même événement climatique, en 2003, qui a doucement fait mûrir l'idée de Biocapi Sàrl.
En 2003, se pose d'abord la question de l'eau pour moi. L'affolant système de canalisations mis en place depuis 2 à 3 générations en Suisse : je découvre sans les voir les 40'000 km de tuyaux souterrains que compte notre pays. Je visite une station d'épuration et commence à comprendre le cycle que l'on impose à l'eau qu'elle soit claire ou "usée" par nos déjections.
Ensuite, un passage aux toilettes sèches au Salon Primevère en 2004 me permet de comprendre à quel point nous sommes prisonniers des velléités de l'industrie : nos sols cultivables sont imbibés de substances issues de l'industrie pétrochimique. De l'azote de synthèse qui permettait au début d'écouler les stocks de gaz moutarde de la première guerre mondiale, s'impose ensuite par paresse intellectuelle et professionnelle. Les engrais chimiques sont le coca-cola des plantes : oui elles vont pousser mais vides de substances nutritives. De ce fait, elles sont vulnérables, peu résistantes et le système commercial s'empresse de créer diverses molécules pour combattre petites bêtes,: champignons, microbes, insectes... Chacun de ces "nuisibles" à son bidon prêt pour l'aspersion. On fait croire aux paysans que 9 passages de chimie sur leurs pommes de terre vont venir à bout de tous les tracas et assurer des rendements pharamineux.
Donc les sols et pas seulement l'eau sont en péril : si ces deux éléments la Terre et l'Eau sont malmenés, tout le vivant en pâtit.
En 2004, je rencontre Jo et Gwen, nous fondons l'association Picabio et pendant 2 ans, nous allons équiper gratuitement les premiers festivals. L'usure et des divergences de point de vue vont avoir raison de nos nobles buts. En 2005, mon premier cheveu blanc visible, je quitte mon poste de coordinatrice du skate-park de Lausanne que j'ai contribué à créer et surtout à pérenniser. S'ensuivent deux années d'errance professionnelle : remplacement en gérance immobilière, cours imposés par le chômage, passage en UAPE. Je ne suis pas heureuse et les tâches que j'accepte manquent de sens ou d'un cadre professionnel sain (je pense à l'UAPE hélas). Grâce à ces malheureuses expériences professionnelles, je me rends compte que je ne sais pas que faire d'ordres que je ne comprends pas et que je ne veux pus vivre ça. Mon esprit indépendant, forge alors l'image de ma future entreprise qui me permettra de concilier mes valeurs personnelles à mes valeurs professionnelles.
Après un refus poli de financement des banques (un vrai cadeau finalement), un passage chez le notaire, voilà donc que le premier mai 2007, Biocapi Sàrl est officiellement née, avec des moyens ridicules mais une motivation solide comme une montagne.
Je vous laisse découvrir ici la première folle nuit de location de l'entreprise à la fête de l'Université de Neuchâtel : https://biocapi.ch/blog/fete-de-l-uni-neuchatel-2007
Depuis toutes ces années, je suis devenue addict aux toilettes en tout genre, celle de Ballenberg, directement dans la chambre à coucher me parlent particulièrement !


